Alice et le maire

De Nicolas Pariser. France. 2019. 1h43.

Avec Anaïs Demoustier, Fabrice Luchini…

Le maire de Lyon, Paul Théraneau, traverse une crise professionnelle et métaphysique. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes.

Ancien critique de cinéma ayant travaillé auprès de Pierre Rissient, Nicolas Pariser obtient le prix Louis Delluc du premier film pour Le Grand Jeu (2015). Son deuxième film, Alice et le Maire, ose une incursion assez inédite dans l’arène politique en ne cherchant pas à en dénoncer les manœuvres ou le cynisme. Le film se place en effet du côté d’un homme – qu’un Fabrice Luchini plus en retenue que d’habitude rend singulièrement émouvant – qui, sentant qu’il devient de plus en plus anachronique, cherche à reprendre le pouvoir sur la vie et redonner du sens à l’action politique. Fourmillant de réflexions passionnantes, véhiculées par une écriture d’une richesse et d’une finesse rares tant du côté du récit que des dialogues, le film pose la question des véritables possibilités du politique, tout en soulevant celle de l’engagement et de la difficulté de conserver l’énergie et le souffle des convictions. Mais la véritable originalité du film se loge dans le recours aux auteurs et aux textes philosophiques pour éclairer les conduites des protagonistes. Cette boussole de la pensée s’incarne dans le personnage d’Anaïs Demoustier, formidable dans ce brillant numéro de duettistes qui fait tout le sel et le charme d’Alice et le Maire.