« Je n’ai pas beaucoup d’imagination. Par contre, j’ai un bon sens de l’observation. » Dans ces paroles du cinéaste Stéphane Brizé se loge une partie de la substance de son cinéma, un cinéma qui regarde le monde et en restitue les souffrances et les luttes. Sans y voir une démarche politique ou militante, on peut néanmoins déceler dans son œuvre une dimension engagée. L’authenticité de ses personnages et la subtilité de sa mise en scène lui valent un attachement fidèle du public, et une présence régulière aux César et au Festival de Cannes. Il poursuit aussi une collaboration fertile et complice avec le comédien Vincent Lindon, avec qui il a déjà tourné cinq films. Faite de comédies dramatiques sensibles (Je ne suis pas là pour être aimé, 2005 ; Mademoiselle Chambon, 2009), de drames intimistes délicats (Quelques heures de printemps, 2012 ; Une vie, 2016) ou de critiques sociales (La Loi du marché, 2015 ; En guerre, 2018), la filmographie de Stéphane Brizé émeut, indigne, bouleverse. On y sent l’empreinte d’un auteur humaniste, hanté par les violences du monde sur l’individu. Un bon petit soldat s’inscrit dans cette continuité, suivant le quotidien d’une jeune femme débutant aux ressources humaines incarnée par Alba Rohrwacher, déjà présente dans Hors-saison (2023).
COURS : Rencontre avec le cinéaste Stéphane Brizé (Unipop ALC, saison 2018-19) / Avant-première de Un bon petit soldat (Unipop ALC, saison 2026-27)